J’ai couru mon premier marathon à Amsterdam

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mon premier marathon

Ça y est c’est fait… Je suis officiellement marathonienne depuis quelques jours. Je crois que je ne réalise pas encore la chose.
A mon retour, j’ai littéralement halluciné de tout l’engouement qu’il y a eu autour de ma course.
J’étais loin de m’imaginer que pendant que je courais, vous étiez autant à suivre le tracker et à commenter mes temps de passage sur les réseaux sociaux…
Voici donc le résumé tant attendu de mon premier marathon

Souvenez-vous, à l’annonce de mon inscription au marathon, Julià, Sonia et Haspé n’avaient pas hésité une seconde et avaient réservé leur weekend pour m’accompagner.

Pour rappel, Juju, Soso et Haspé sont mes amies depuis maintenant 10 ans ! 10 ans que je me traine ces folasses rencontrées en BTS communication des entreprises. Depuis cette date, et même si nos vies ont suivi différents chemins, nous ne nous sommes jamais quittées et une amitié très forte nous lie.

J’ai donc pris la route vendredi 13 (hé non ce n’est pas une blague) avec Julià direction Bordeaux. A l’aéroport, Haspé nous attendait. Ensemble, après 1h30 de vol et 20min de train, nous avons rejoint Sonia arrivée avant nous à l’auberge. La dream team était désormais au complet !

Après une nuit blanche, (merci les auberges de jeunesse) nous avons été récupérer mon dossard puis visité la ville en long en large et en travers.

mon premier marathon

Vers 16 heures, j’ai quitté ma joyeuse troupe pour tenter d’aller reposer mes gambettes à l’auberge.
Tenter était le bon mot, car vraiment je n’ai pas pu faire cette sieste tant espérée.
(Note à moi-même, ou à vous-même, les auberges de jeunesse ne sont pas forcément le plan idéal avant un marathon)

Repas. « Dodo ». Réveil

Jour J

Malgré le peu de sommeil, je me sens bien, l’excitation de la course fait son petit effet.
Sur la route, je croise Eloise et Tom, deux anglais, présents eux aussi pour leur premier marathon. Après 20min a attendre un bus qui n’est jamais venu, je me décide de rejoindre le stade Olympique à pied.
Il est situé à « seulement » 3km de mon auberge.

En chemin, je fais la connaissance de 2 dames des bouches du Rhône, plus habituées des trails, qui viennent s’essayer aux joies du marathon.
Quand j’arrive au stade, je tombe enfin sur Clémentine une collègue du Sud-Ouest du happyrunningcrew avec qui je textote depuis 2 jours.
Nous discutons puis, malheureusement nous nous perdons de vue après le fameux petit tour au wc.
Je vais me placer dans ma zone de départ et trouve encore des français supers sympas qui me donnent des conseils :

  • Tu ne doubles pas sur les trottoirs (sinon tes mollets vont prendre cher)
  • Tu prends TOUT les ravitos, ne serait-ce qu’une seule gorgée
  • Si tu as envie d’aller au wc, arrêtes-toi de suite, tu perdras moins de temps que de te retenir tout le long
  • Enfin, part cool, car la course se joue sur les 10 derniers.

Sur ces conseils bien avisés, nous regardons le départ des kényans sur l’écran géant, en mode sprint comme si l’arrivée était 50m plus loin.

9h36 cette fois… C’est à moi !

Je pars en petites foulées, comme ça, normal, sans vraiment réaliser que je m’élance sur mon premier marathon.

mon premier marathon

Le 1er km est assez lent, il y a un monde fou, je zigzague en veillant à suivre les conseils donnés plus haut.
Une fois les embouteillages passés, je trouve mon rythme… Un super rythme !

Il y a « monstre monde » comme dirait Miguel, mon copain suisse, pour nous encourager au bord des routes. Ça chante, ça applaudit, ça hurle, il y a des drapeaux, des clapclaps, et même des gens qui nous jettent des confettis.

Durant les 1ers km, j’essaye vraiment de courir à la sensation et ne pas regarder ma montre.
Pourtant à chaque fois qu’elle sonne, je suis étonnée par mon rythme. Je cours bien plus vite qu’à l’entrainement, et je ne suis pas essoufflée pour un sous !

mon premier marathon

Déjà le 7eme km, l’ambiance est absolument géniale, j’entends des «Let’s go Charlotte » « You can do it girl » Je suis en feu et mon rythme ne faibli pas.

Les km se suivent et se ressemblent, à chaque ravito, je chope un verre, bois tant bien que mal une petite gorgette, et repars pour un tour.

11-12-13 : ça défile hyper vite ! A ce rythme-là, je suis arrivée dans 10 min (ok j’exagère)

15ème : nous sommes bien loin du centre-ville et des building, nous longeons maintenant un canal, des jet ski sont à l’eau (dédicace papa et Gil) et des mecs font des acrobaties avec leur jet pack.
Le vent se lève un peu, mais tout continue de bien rouler.

mon premier marathon

21km : 1er semi check !
1h50 soit le même temps que mon semi de nouste Henric !

Les jambes commencent à être lourdes, cet aller-retour de 10km au bord du canal est un peu longuet mais je me dis que dans 5km je retrouve Haspé.
Nous avons prévu de faire 26-32 ensemble, parfait pour me booster et maintenir mon allure quand ça va commencer à devenir dur.
D’ailleurs, les premières douleurs se font ressentir : j’ai mal dans la fesse droite, sous les pieds et aux mollets.

J’arrive enfin au 26ème
Le ravitaillement est là, Haspé doit m’attendre juste après à droite…
Je prends un verre, dépasse le ravito mais je ne la vois pas.
Ok, elle s’est sûrement mise plus loin pour éviter la cohue…
500m plus loin… Toujours rien !
Putain, on s’est ratées ! Petit moment de détresse interne puis je me regonfle : Bon allez, ce n’est pas grave, de toute façon je n’ai besoin d’elle pour courir ! Elle était là en mode bonus.

28-33 : C’est la traversée du désert… C’est dur, c’est très dur !
Partout des gens s’arrêtent, sont victimes de crampes ou se mettent à marcher.
Mes douleurs s’intensifient et mon rythme ralenti de plus en plus.
J’essaye de m’occuper l’esprit : je mange un abricot sec, tourne une petite séquence vidéo pour mon montage, tout ce qui peut me distraire est bon à prendre.
Je me motive intérieurement « Allez Charlotte, un pas après l’autre »

Je pense au super sms booster de la mort, envoyé la veille par mon chéri, je lis les petits messages inscrits sur des panneaux au bord du chemin déposés par les passants :
« If you can dream it you can do it « Smile, you look good » et mon préféré « It’s a bird ? It’s a plane ? No it’s you !”

Arrivée à 33 je me fixe des mini objectifs “allez dans 2 km je suis à 35”
A 35 il restera plus que 5 km (oui je sais c’est faux mais la magie du mental…)
Je m’accroche aux gens qui craquent, je convoque une assemblée en moi-même entre mon cerveau et mes mollets « écoutez les gars, il reste 7 bornes, il est hors de question d’avoir une crampe et que je m’arrête alors débrouillez-vous pour tenir le coup »

35ème : dans 2 km je retrouve Soso !
Et si on se ratait nous aussi ?

A 36, je ne sais plus si finalement on s’était dit 36 ou 37. Mais je me souviens du « après le pont à droite »
Sauf que de 36 à 37 il n’y a que des canaux avec de petits ponts, j’ouvre les yeux, j’écarquille… Je ne vois pas…
A un moment, on nous fait passer sous un méga pont. Ça descend « j’ai maaaaaaaaal » puis forcément ça remonte « j’ai re remaaaaaal » je sens que je cours toute courbée comme une mamie, mais je n’arrive plus à me redresser.

Je suis en train de pester dans mon fort intérieur contre cette montée « non mais tu te rends compte, nous faire ça à 5km de la fin…. C’est quand même…
Lorsque j’entends hurler « elle est làààààààààààààà », je lève les yeux, je vois au loin une nana avec un sweat rayé s’agiter, et une autre qui hurle en secouant ces bras : Mes amies sont là !

Haspé et Soso sont là !

Une vague de chaleur s’empare de moi, je n’ai jamais été aussi heureuse de les voir, ça me donne un coup de fouet phénoménal ! Moi qui grimaçais depuis quelques km, me voilà en train de sourire !
« Allez c’est super ce que tu fais ! C’est énorme ! On est là ! Tu as un super rythme ! »
Pour ce qui est du rythme je sais que c’est faux mais je m’en fou elles sont là et c’est tout ce qui compte.

mon premier marathon

Elles me parlent, me motivent, me racontent les péripéties de la matinée, m’expliquent le pourquoi du comment Haspé n’a pas pu me rejoindre au 26ème… les km défilent plus vite !

Vondelpark : C’est le parc collé à notre auberge ce qui signifie qu’il ne reste plus que 3 km.
Je passe sous l’arche des 40km.

mon premier marathon

« D’après le tracker, si tu continues à cette allure, tu arriverais en 3h59 et 36 secondes » me dit Haspé.

Je me parle intérieurement : Allez Charlotte plus que 2… Plus que 2…. Puis ma montre sonne 41
Plus qu’un…. plus qu’un… Le dernier….

A l’approche du stade, la foule de spectateurs se fait de plus en plus dense,  la musique plus forte et on entend le speaker donner de la voix.

L’arche des 500m est là, je regarde ma montre, et d’un seul coup, BOOM…Plus de son…

Je suis comme dans une bulle, MA bulle, désormais, c’est entre moi et ces 500 derniers mètres que cela se passe !

mon premier marathon

Je suis shootée à l’adrénaline, cocktail explosif de « j’ai mal mais je vais y arriver », j’accélère et double tout ce qui est devant moi.
Nous entrons dans le stade, « 150m to become superheroes », je donne tout ce qu’il me reste, j’aperçois les panneaux 75m…50m… La ligne d’arrivée est juste là… J’y suis… J’y suis !

Les derniers mètres sont aussi magiques que douloureux !

A 3 mètres de la ligne, je lève les bras car j’ai gagné ! Gagné cette guerre des nerfs entre mon cerveau qui me répète depuis 10 bornes d’arrêter et mes mollets qui n’en peuvent plus !

Je franchi la ligne d’arrivée et le son revient :
« C’est énorme ! C’est énorme dit Haspé » je reprends mon souffle, lui tombe dans les bras, enlace Soso qui a apparemment fait le sprint de sa vie pour pouvoir me suivre en filmant.

Les larmes me montent… Cette fois ça y est… Je suis marathonienne !

Je ne réalise pas vraiment ce qu’il vient de se passer.

Je regarde ma montre 3h55 et 3 secondes ! Objectif atteint !

Je pars récupérer ma médaille et recraque dans les bras de la bénévole, qui me réconforte chaleureusement !

A l’extérieur du stade, nous retrouvons Julià qui me félicite ! Nous reprenons quelques instants nos esprits et … Nous rendons rapidement compte qu’il va falloir rentrer à pied pour rejoindre l’auberge, les routes étant encore toutes coupées.

A PIED !!!?
Bah oui ! Après tout nous sommes « seulement » à 3km de notre auberge…

Nous sommes donc rentrées en marchant à un rythme proche de zéro… Profitant au passage pour encourager les coureurs personnellement en hurlant leurs noms inscrits sur leurs dossards ! Et aussi improbable que vrai,  au milieu de tous ces coureurs, j’ai croisé mes 2 marseillaises du début « Allllezzzzz Coriiiiiiiiiiinnnne ! »

Enfin à l’auberge et après une merveilleuse douche, nous sommes parties dévorer un méga burger dont je vous parlerais très prochainement dans un nouvel article.

Après une nuit mouvementée, nous sommes restées encore 2 journées à Amsterdam à découvrir les rues, quartiers, parcs et jolis petits cafés, concluant ainsi un weekend qui restera à jamais gravé !

mon premier marathon

Je tenais une fois encore à remercier ma team pour m’avoir accompagnée dans cette folle aventure !

Merci à Benjamin pour ces 11 semaines de préparation ! Merci Yann recoq pour tes conseils !

Merci à ma famille de surexcités pour m’avoir soutenue depuis le début, merci à mon père pour ces 800 appels le jour de la course.

Merci à Jenny, Séverine, Margot, Flo, Sandrine, Coco, Mathilde (t’as vu j’ai bu 3 litres d’eau), les Chloé(s) merci à tous ceux qu’il m’ont envoyé des messages (sms, insta, whatsapp, pigeon voyageur) la veille de la course et tout ceux qui m’ont félicité après !

Vous êtes des ouf !

Je ne suis pas DU TOUT du genre à faire ça, mais là, à tous,  je vous fait un gros cœur avec les doigts !

MERCI vraiment, du plus profond de mon petit cœur de marathonienne (ouais fallait bien que je conclus cet article en me la pétant un peu)

Et puisqu’une petite vidéo vaut mieux qu’un long discours… Voici le résumé en images…

 

22 octobre 2017
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14 Comments

  • Reply Claire

    Hello et bravo pour ta course ! Quand on le lit ça n’a pas l’air si difficile haha, mais j’imagine bien la douleur dans les jambes.
    Claire

    22 octobre 2017 at 13 h 07 min
    • Reply Charlotte

      C’est vrai que quand on lit ça a l’air facile ! Et encore plus en regardant la vidéo ! Mais oui, j’avais bien les mollets en feu et des douleurs partout haha

      26 octobre 2017 at 14 h 03 min
  • Reply Karine

    J’ai retenu mon souffle jusqu’à la fin de l’article… Bravo on a l’impression d’y être !
    Un mental d’acier ! Félicitation aussi à tes amies, super équipe

    23 octobre 2017 at 8 h 05 min
    • Reply Charlotte

      Une équipe de copines géniales !!! Merci pour ton gentil message !

      26 octobre 2017 at 14 h 02 min
  • Reply Lucie

    Super challenge ! Bravo pour ta course et merci pour ce récit qui me motive à me remettre à courir un peu !
    Bon repos !
    Lucie

    23 octobre 2017 at 10 h 26 min
    • Reply Charlotte

      Merci Lucie ! Mais oui il faut t’y remettre ! Attention quand on commence on ne peut plus s’arrêter 😉

      26 octobre 2017 at 14 h 02 min
  • Reply Sophie

    Encore bravo Charlotte!
    Je suis vraiment admirative de ce que tu as fait : tu as tout réussi, ta prépa et le marathon. Impressionnante!!!

    23 octobre 2017 at 16 h 27 min
    • Reply Charlotte

      Merci beaucoup Sophie ! ça me touche beaucoup ! A très bientôt

      26 octobre 2017 at 14 h 01 min
  • Reply Gene

    Bravo Charlotte!!! Super article, c’est presque comme si on y était avec toi… Et ça donne trop envie de s’y mettre maintenant que j’ai fait mon premier demi !! Bravo pour ta performance !!!

    24 octobre 2017 at 18 h 40 min
    • Reply Charlotte

      Encore quelques semi et zou tu pourras te lancer ! Tu vas y arriver c’est sûr ! Bisous

      26 octobre 2017 at 14 h 01 min
  • Reply Pauline

    Cette vidéo est super on vit le marathon avec toi que d’émotions !
    Encore bravo !

    26 octobre 2017 at 9 h 20 min
    • Reply Charlotte

      Merci Pauline !!!

      26 octobre 2017 at 14 h 00 min
  • Reply Sandra

    Trop heureuse de lire ton retour sur ce marathon et souris. Je me lance dans un mois pour le meme. J’espère avoir un aussi bon chrono que toi!
    Bravo

    13 septembre 2018 at 12 h 16 min
    • Reply Charlotte

      Je te souhaite un super marathon ! Tu vas voir l’ambiance y est géniale… Et les derniers mètres dans le stade complétement fous ! Bisous

      13 septembre 2018 at 14 h 38 min

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